Monsieur le Président, Jean Luc Moudenc

En 2001, dans le cadre de la rédaction d’un rapport pour le Ministère de la Cultu re, j’avais pu constater la vitalité culturelle de la ville de Toulouse sur le terrain de ce que nous avions alors nommé « Friches, espaces intermédiaires, laboratoires, squats . .. » 1.

Vingt ans plus tard, à Toulouse, ces expériences ont pu, grâce à leurs forces et au soutien de politiques publiques innovantes, installer des projets essentiels à la diversité du paysage culturel contemporain.

Sur les neufs projets présentés sur le site de la métropole dans la rubrique « lieux culturels », trois avaient été identifiés à l’époque comme essentiels à cette dynamique que l’on a alors qual ifiée de « Nouveaux territoires de l’Art » : la Grainerie, L’Usine et Mix art Myrys.

Sans la force de la politique qui a été initiée avec la ville et la métropole, cette spécificité toulousaine n’aurait pas été ainsi cultivée, et votre action doit être saluée.

Je me permets aujourd’hui d’attirer votre attention sur la spécificité dans ce contexte de l’un des quatre projets de la rubrique « lieux culturels » de la métropole, Mix art Myrys.

Ce projet qui était en « occupation illégale et légitime » de l’ancienne préfecture lors de la mission en 2001, est un projet-laboratoire essentiel dans le paysage des espaces intermédiaires en France, « un champ des possibles, un espace des Commun(s) >» dont la singularité doit être cultivée.

Depuis 2005 la nature d’une installation pérenne du projet est recherchée. Le site du 12 rue Ferdinand Lassalle a été étudié comme celui de la halle 121 des anciennes Cartoucheries dans le cadre d’un projet de développement urbain. Jusqu’à présent aucun des scénarios n’a pu être mis en oeuvre et vous avez été obligé, pour des conditions de sécurité, de fermer le site.

Monsieur le Président, dans ce que l’on qualifie aujourd ‘hui de « tiers-lieux », Toulouse doit continuer à travailler ses spécificités. La juste intégration à l’espace public de l’aventure de Mix art Myrys peut être trouvée en définissant un site d’implantation et en construisant un programme architectural collaboratif dans une enveloppe budgétaire correspondant à la production sociétale de cette aventure.

Entre les 3M€ alloués aujourd’hui et les 9M€ qui ont été envisagés, il est certain qu’un intérêt général peut-être cultivé en mobilisant les politiques nationales qui, dans le plan de relance, identifient les tiers-tieux -dont Mix Art fait partie- comme territoires éligibles.

Monsieur le Président, la disparition ou la marginalisation d’une aventure comme Mix Art Myrys serait une atteinte· à notre diversité culturelle et je suis certain que la politique culturelle que Toulouse construit, mettra en place un dispositif permettant de sortir de l’impasse actuelle.

Je vous prie, Monsieur le Président, de bien vouloir recevoir mes plus sincères salutations.

1 Rapport au secrétariat d’Etat au patrimoine et à la décentralisation culturelle – La documentation française – 2001