Monsieur Jean-Luc Moudenc Président de Toulouse-Métropole

Objet : situation de Mix’art Myris

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de vous adresser la présente, non seulement pour protester contre la situation faite à Mix’art Myrys, mais surtout pour attirer votre attention, avec toute la modestie du Monde, sur l’erreur commise par les collectivités locales lorsqu’elles s’acharnent contre ces types d’équipements inventés par des artistes et leurs partenaires, pour l’importance qu’ils apportent à la vitalité artistique et culturelle d’une ville, pour le témoignage qu’ils portent de  l’intensité artistique qui y est vécue, pour les retombées économiques et sociales qu’ils produisent.

Comme directeur pendant vingt années du projet friche marseillais, fondateur-directeur de la Friche la Belle-de-Mai pendant 18 ans et co-fondateur de l’association Autre(s)pArts  et son président pendant plusieurs années, j’invoque simplement ces expériences pour justifier les affirmations du paragraphe précédent.

J’ai eu maintes occasions de visiter Mix’art Myrys, et j’ai systématiquement été enchanté de l’exemplarité de ce projet, et même de son exceptionnalité quant au mode de cohabitation des diverses installations dans cet espace : ateliers pour de nombreuses disciplines artistiques, bureaux, salles de concerts ou de spectacles, espaces de convivialité accueillants, lieux éphémères de restauration toujours pertinente, etc… L’importance du nombre d’artistes et des projets qui s’y sont développés pendant tant d’années est simplement formidable et sa popularité est beaucoup plus conséquente que ce qui semble être entendu.

Vous savez certainement que l’expérience de la Friche la Belle-de-Mai, dont l’exemplarité devait être soulignée il y a quelques mois par une ancienne élue toulousaine, Madame Beloubet, récente Ministre de la Justice, n’aurait pas existé sans le soutien déterminée de la Ville de Marseille, qu’il s’agisse de la Municipalité de Robert Vigouroux dés 1990 ou de l’engagement de Jean-Claude Gaudin qui n’a jamais démenti son soutien, depuis la campagne électorale de 1995 jusqu’à la fin de son dernier mandat en juin 2020.

Bien lui en pris certainement quand on voit l’évolution de ce projet, ce que la transformation de cette grande usine (12 hectares) a rapporté à la Ville :

depuis l’invention d’un concept économique – la Culture alternative économique pour développer un site obsolète pour l’industrie – qui a vu s’installer plus de 1500 emplois là où n’en existaient qu’à peine mille, 10 années avant sa fermeture ;

jusqu’ à la nomination comme Capitale Européenne de la Culture en 2013 ;

sans développer ici l’importance des relations internationales structurées.

En tout état de cause, je crois devoir vous faire partager ces informations, dans l’intérêt de votre Ville, et ce qui peut justifier cet appel, avant que ne soit commis une irréparable fermeture où la belle ville de Toulouse laisserait disparaître un projet aussi exemplaire que celui qu’elle avait su soutenir avec Mix’art Myrys.

Souhaitant résolument être entendu de votre autorité, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

À Marseille, le 15 fêvrier 2021

Conseiller Culturel

Commandeur dans l’Ordre National des Arts et Lettres